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Retour Sur La DR’HEAM CUP – Destination Cotentin 2018

Retour sur la DR’HEAM CUP – Destination Cotentin 2018

Une très belle course estivale, dernier grand RDV en solitaire avant la Route du Rhum.

Cette course au départ de La Trinité était une première pour moi, et c’était vraiment une belle expérience. Dans notre catégorie des Class40, elle a réunit 27 concurrents, en solitaire, et tous les ténors de la série étaient présents.

Déjà, les quelques jours de préparation se sont déroulés sous un soleil radieux. Avec 80 inscrits, dont les Imoca et les multicoques, cela faisait du monde dans le port de la Trinité, et l’ambiance sentait bon les vacances.

Nous avons couru un prologue en équipage le samedi 28, permettant de faire découvrir l’ambiance de la compétition à des invités.

La pluie dense du matin a vite laissé place au soleil.

Tout aurait été parfait si déjà, quelques problèmes électroniques ne se faisaient sentir… Les nouvelles batteries installées, c’est toute la centrale de navigation qui pointait aux abonnées absents quand on a mis les pieds à bord… Elle est heureusement revenue, mais c’est le pilote qui a commencé à se faire remarquer avec une première embardée non contrôlée dans le chenal, mais pas d’autres symptômes pendant la course d’entraînement. Par contre, un des afficheurs a définitivement rendu l’âme en cette journée du 28 juillet, il a donc fallu l’isoler du reste de l’installation pour limiter les interférences.

Ce n’était malheureusement que le début « des mains dans l’électronique »…

Lundi 30 juillet/15h : Grand départ à très petite allure : le vent est si faible sur la zone que je n’arrive même pas à passer les lattes de la grand-voile du bon côté. Malgré un bon départ, je perds vite de la distance sur mes concurrents et doit absolument arriver à passer ces f…lattes. Rapidement, la flotte se coupe en deux pour gérer la sortie de la baie de Quiberon et l’approche du passage étroit de la Teignouse, premier point de parcours.

Une fois passé ce point stratégique, c’est route vers l’Ouest ! Nous sommes sous gennaker au louvoyage tant que le vent est faible, de temps en temps sous solent quand le vent monte un peu plus. Certains glissent même sous spi. Les options se dessinent et je suis plutôt centrée dans la nuit.

Au petit matin, la pointe Bretagne est en vue, mais le vent est toujours aussi faible. Nous passons assez loin du Raz de Sein, et tentons de gagner un peu dans le Nord dans la journée, en visant à l’Ouest du DST de Ouessant. Nous avançons toujours dans la nuit, mais la matinée du mercredi s’annonce très compliquée.

Le vent proche de zéro s’accompagne d’une houle marquée qui fait battre les voiles rendant la propulsion quasi nulle… Il faut attendre le retour du vent par l’Ouest tout en restant vigilant et en essayant de garder le bateau sur une route « pas trop pire ».

En début d’après-midi, les prémisses de la dépression se font enfin sentir : quelques bouffées permettent de renvoyer le Solent, puis c’est directement le grand spi dans de petits airs, à une allure très lofée.

Je mets rapidement de la distance à mes adversaires proches, mais je sais bien que les premiers ont aussi « allongés » sur moi, et quand j’arrive enfin à télécharger un fichier de positions, j’ai déjà 30 milles de retard sur le groupe des 5 bateaux de tête.

Mais il reste beaucoup à jouer avec les ¾ de la flotte.

Et les conditions vont se durcir, avec 20/25 nœuds de vent annoncés pour la nuit de mercredi et la journée de jeudi.

Nous avons un grand bord essentiellement bâbord sous spi pour arriver jusqu’au phare du Fastnet, avec quelques recalages éventuels en route et un contre-bord à la fin.

Je cale 2 empannages en début de soirée pour jouer un peu la direction du vent, puis passe sous spi lourd à la tombée de la nuit.

Les vagues commencent à se former et le pilote tient plutôt bien sa trajectoire pendant la nuit.

Au petit matin, la mer formée est moins engageante, et quelques bateaux ont connu des soucis. Je passe très près de Volvo qui n’a plus qu’un safran fonctionnel au lieu de 2 : il mange son pain noir sous GV seule en attendant de pouvoir se mettre sur l’autre bord après le Fastnet et retrouver son potentiel.

Je double ensuite Concise qui lui aussi à un problème de safran et est au ralenti pour garder son bateau à plat .

Il y a entre 22 et 27 nœuds, l’empannage est long à préparer et le croisement avec Concise me déconcentre de ma trajectoire. J’effectue ma maoeuvre bien trop tard si bien que sur l’autre bord, je me retrouve à devoir lofer pour faire la route. Avec ces conditions de vent, ce n’est pas tenable sous spi donc je me retrouve à devoir re-manœuvrer pour affaler et rester sous trinquette.

Je perds quasiment 2 milles sur Concise avec cette mauvaise trajectoire et il repasse devant moi au Fastnet….

J’ai finalement renvoyé le Solent avec 1 ris dans la GV car il n’y a « que 22 nœuds », sauf qu’avec cette mer, le bateau est sur la tranche et ce n’est vraiment pas agréable, on se fait rincer copieusement sur le pont. Je mets un peu de temps à trouver un réglage correct, avant de laisser le pilote prendre la main.

Je vais enfin pouvoir analyser les nouveaux fichiers météo précis captés très rapidement en 4G près de la côte Irlandaise. Et voir à quelle sauce on va être mangé pour la fin de course.

Mais le répit est de courte durée. Je suis à l’intérieur à faire le point quand j’entends le pilote pousser la barre dans le coin. Le temps de sortir, c’est trop tard, il a viré tout seul mais j’ai encore une chance de récupérer le coup en choquant vite la voile d’avant et en remettant quelques coups de barre.

Et ça passe, c’est ça de moins à gérer.

Mais pourquoi le pilote a décroché ? Je tente de le ré-enclencher, idem : il pousse la barre au bout de 5 secondes. Je le déconnecte de suite et tente de changer de « mode » : idem… Rien n’y fait… J’éteins et rallume la centrale de nav, toujours rien…

Il va falloir aller à l’intérieur regarder les connexions et pour ça il faut que je lâche la barre…

Je prends ce que je trouve sous la main pour amarrer la barre et tenter de conserver ma trajectoire. J’ai de la chance je suis au près bon plein et c’est une allure où le bateau bien réglé peut « barrer tout seul » : je prends donc le temps de bien ficeler mon système pour aller voir ensuite à l’intérieur ce qui se passe.

Le vent doit se maintenir dans cette direction et de cette force toute la journée, cela me permettra de toute façon de bien avancer vers la pointe Sud-Ouest anglaise, quoi qu’il arrive.

Je me mets à déconnecter un à un les capteurs de la centrale et rien ne se passe. Je vais voir à l’arrière mon capteur d’angle de barre, car j’ai une information étrange d’angle sur mes afficheurs, et c’est malheureusement cette pièce qui est effectivement défectueuse. Seul problème, rien ne peut fonctionner sans elle, et je n’ai pas de pièce de rechange.

Il va falloir finir la course sans pilote, et il reste plus de 280 milles à parcourir, ça va être long…

La journée de jeudi passe, ainsi que la nuit, et j’ai bien avancé sans devoir trop barrer. J’ai pu me reposer pour aborder la suite du programme, mais je ne suis plus en « mode course ». Le petit matin se lève sur les îles Scilly, à la pointe anglaise. c’est beau mais je commence à pester car le vent est tombé et il a adonné : je devrais être sous gennaker ou spi et au lieu de ça je me traîne en devant barrer sans sensations… Hors de questions d’aller manœuvre à l’avant sans pilote sur ce genre de bateau… Et les concurrents que j’avais mis derrière au Fastnet me doublent…

Enfin, je prends mon mal en patience, le vent doit remonter en journée, voire prendre sérieusement des tours dans la nuit prochaine.

Il « refuse » de nouveau un peu me permettant de viser les îles anglo-normandes plutôt que Brest, ce qui n’est pas négligeable.

En début de soirée, je suis à une trentaine de milles de l’île d’Aurigny, une quarantaine de milles du raz Blanchard.

Le vent va monter et basculer Sud-Ouest voire Ouest en fonction du timing, et se renforcer régulièrement jusque force 5/6. Je repasse sous trinquette, et prépare tout mon matériel dehors pour ne plus avoir à rentrer car je ne pourrais plus vraiment lâcher la barre au portant dans du vent fort… Et c’est parti !

J’entends à la VHF 2 concurrents devant moi qui me servent de « girouette/anémomètre ».

J’ai pris un ris dans la GV vers 23h, mais ne compte pas en prendre un second pour passer le raz, malgré des pointes à 30 nœuds pour ceux devant moi.

Je passe vers 2/3h du mat, il fait nuit noire, et ce sont des pointes à 40 nœuds que j’enregistre, couchée sur l’eau, aspirée vers le Sud par le courant puissant du Raz… C’est quand même une bonne galère…

Je parviens à redresser le bateau, j’abats le plus possible mais il va me falloir empanner pour gagner dans le Nord dans un premier temps, avant de ré-empanner cap à l’Est pour se mettre à l’abri de cette f… pointe du Cap de La Hague…

3 empannages plus tard et 1 latte de trinquette en moins, j’ai réussi à passer la pointe et le courant devient favorable à la côte. Je me rapproche de l’arrivée en rade de Cherbourg alors que le petit jour approche. Les rafales de vent sont encore fortes et je tente de sécuriser mon arrivée en roulant la trinquette avant d’entrer en rade. La fatigue aidant, je n’arrive pas à la rouler complètement alors que le bateau, toujours sans pilote, décide de relofer vigoureusement.

La voile se met à battre, les écoutes s’emmêlent, je ne peux plus dérouler ni re-rouler, c’est la m…

Je décide d’essayer de l’affaler pour la stocker sur le pont, retourne dans le cockpit pour libérer la drisse, le hook Karver 😉 s’ouvre facilement et la voile est prête à descendre : reste à trouver rapidement le bon moment pour que le premier mètre tombe dans le bateau, et que le bateau me laisse assez de temps pour retourner devant récupérer le reste.

Au final, tout se passe bien et je récupère la voile entière, mais abimée par les multiples battements et mauvais roulages alors qu’elle n’est déjà plus toute jeune… Un passage en voilerie s’imposera.

Je coupe la ligne vers 6h30, le jour se lève et il y a du monde pour m’aider à manœuvrer donc fini les ennuis !

Je termine quand même classée, 24ème ce qui n’est pas si mal après avoir perdu tant de temps en naviguant sous-toilé et parfois dans la mauvaise direction.

J’étais 15ème au Fastnet et capable de jouer dans le paquet.

Je savais qu’il y avait pas mal de boulot à faire sur le bateau avant de partir car le petit budget réuni en juin ne m’a pas permis de traiter les gros dossiers avant la course.

Depuis, le bateau est resté à Cherbourg et nous avons commencé à traiter les gros dossiers : commande de 2 voiles neuves, pilote remis en route, dessalinisateur qui fonctionne, pompes et circuits divers checkés… Mais la liste est encore longue et les commandes à passer nombreuses !

Le bateau va revenir sur Ouistreham d’ici la fin du mois, et dès que qu’il sera configuré en mode transat, je reprendrais quelques navigations début septembre, avec une dernière course Cowes-Cherbourg, en équipage, au programme.

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