PORTRAIT


Pas du genre à rouler des épaules sur les pontons en se vantant d'être l'une des très rares navigatrices du circuit Figaro. Claire, 37 ans, cultive le bon esprit au contact de ses copains d'entrainement du "Pôle Finistère Course au Large". "On échange beaucoup entre nous, il y a plus à y gagner qu'à se faire la guerre." Une attitude toute olympique forgée par sa sélection en match racing aux JO de Londres en 2012.
Claire Pruvot ©Maxime Flipo
Une sacrée expérience vécue comme l'aboutissement d'un projet collectif démarré dix ans plus tôt qui soude des liens d'amitiés indéfectibles avec ses équipières. Les copines sont déjà la bannière sous laquelle Claire s'engage dans la compétition dès le collège. Elle y pratique le hand mais le virus s'infiltre insidieusement dès ses premiers bords sur le bateau de son oncle affilié au Club de Courseulles-sur-Mer. Elle résiste à l'apprentissage familial de la voile sous la houlette de son père, en compagnie de sa cousine. "On se faisait engueuler mais on a continué toutes les deux !"

Une révélation qu'elle peaufine à l'instinct, lui faisant suivre un cheminement atypique dans le milieu de la course au large. "Je suis arrivée aux JO sans jamais avoir suivi la filière du dériveur, uniquement portée par nos résultats de numéro un mondial en match-racing." Un sésame pour le club plutôt fermé des solitaires. Une envie de solo pratiquée depuis peu pour un supplément d'adrénaline et pour le challenge personnel. Novice de l'édition 2013, Claire avoue dans un éclat de rire qu'elle ne maîtrise pas encore tous les tempos de cette course mythique, dénicheuse des meilleurs skippers de course. Avec confiance, bien qu'elle estime parfois en manquer, la navigatrice gère ses projets de course au large en jeune chef d'entreprise. "Il me fallait une structure pour gérer les financements et les différents partenaires." 

A multiples facettes, la compétition envahit la vie de Claire. Un peu admirative des "garçons skippers ingénieurs" qui bricolent et affichent enthousiaste leur engouement pour la technologie. Claire décompresse une fois à terre en oubliant le rythme "bateau, boulot, dodo." A coup de chopine, de création de lampes en matériaux de récup ou de chine dans les brocantes, elle bouscule l'archétype du marin de course.

A bord de Port de Caen Ouistreham ©Maxime Flipo