vendredi 24 juin 2016

Solitaire Bompard Le Figaro – Fin de l’acte 1 

De mémoire de figaristes, jamais on avait vu une étape aussi longue ! Et pourtant elle a encore était raccourcie puisqu’à 21h00 mercredi soir, une arrivée aux Needles a été décrétée par le metteur en scène de cette pièce épuisante …
Après 3 jours, 17 heures et 19 minutes de mer, c’est donc à 6h21 jeudi matin que Claire PRUVOT a fait retentir le clap de fin de ce premier acte en 24ème position.

Tout au long de cette étape, ce n’est pas Godot que les coureurs auront attendu sans fin mais avec la même patience que Vladimir et Estragon ils ont guetté le vent qui n’est jamais venu … Dans les songes des nuits d’été, ils ont essayé d’avancer sans la force vélique et parfois à contre-courant. Mais à la différence de ce Sisyphe qui n’est jamais arrivé à bout dans son improbable ascension, les nerfs bien accrochés, ils ont pu terminer cette étape d’une longueur indécente.

Claire, à l’instar des autres concurrents, n’aura donc que trois jours de repos avant de ré-endosser son costume de coureuse. En coulisse, elle va devoir se reposer le plus possible et soigner son mal de dos avant d’entamer l’acte 2 dimanche à 15 heures au large de Cowes.



Le retour de Claire sur sa course :

« C’est une des étapes les plus dures de toutes les solitaires que j’ai courues. Mais ça n’a pas été pénible… Au contraire, j’étais contente de vivre une grande et longue étape comme celle-ci.
Comme prévu le départ à Deauville a été un peu mou. Par contre j'ai le sentiment d’avoir bien géré quand le vent a forci à Owers. Mais cette nuit-là, dans ce vent fort et cette mer très formée, le bateau vire tout seul et je me fais projeter dans les haubans. A partir de ce moment je me retrouve avec le dos bloqué pour tout le reste de l’étape. Cette première nuit, je vis un calvaire physiquement.
Et puis commence une longue période de petit temps. De ce petit temps qui impose d'enchaîner les manoeuvres : pas génial quand on a mal au dos ! Je me repose quand même dans la nuit de lundi à mardi et je suis d’attaque pour jouer ce coup tactique au large du Cap Lizard qui, même s’il a été un peu tardif, a été fructueux ...
Je passe Wolf Rock avec un bon paquet de bateaux. On navigue côte à côte par la suite, c’est motivant... Lors du 2nd passage au Cap Lizard, on se retrouve tous confrontés à un courant très fort, d’autant plus fort que nous sommes en période de grande marée. Il a donc fallu aller recoller à la côte avec tous les risques liés aux cailloux.
La dernière journée sous spi a été ensoleillée : opération séchage du matériel à bord ! Opération écourtée par l'orage qui nous attend quelques dizaines de milles plus loin ...
Et là vient le deuxième effet fatigue ! Je ne gère pas très bien mon arrivée à Fairway. J’aurais dû aller m’abriter du courant à la côte au lieu d’essayer d’y aller en direct. Je m'acharne quand même : je crois que ça s'appelle la perte de lucidité ! On fait ces quatre dernières heures côte à côte avec Pierre Quiroga (skipper espoir CEM) : on se motive, on se maintient éveillés … On a hâte d'arriver !
Maintenant, l’heure est repos et aux séances de kiné pour soulager mon dos. Il faut aussi tout faire sécher à bord et atteindre l’objectif ultime des jours à venir à Cowes : trouver des bottes étanches ! »


Photo Alexis COURCOUX

jeudi 23 juin 2016

Solitaire Bompard Le Figaro - Le bout du tunnel est arrivé
Les figaristes ont vu le bout du tunnel cette nuit. 
Après 3 jours, 17 heures, 19 minutes et 12 secondes, Claire franchit la ligne d'arrivée en 24ème position à 6h21.
Plus d'infos à venir ...